Université Autogérée

09 mars 2011

Brochure finale de l'UA

Voici la brochure que nous avons composée à partir de textes où chacun dit le sens qu'aura eu pour lui l'expérience de l'UA.

Bonne lecture :

UA_brochure finale

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26 septembre 2010

Le journal des "journées critiques"

Le journal "Journées critiques" vient présenter à un public plus large les résultats d’un colloque qui a réuni les 18, 19 et 20 mars de cette année un certain nombre d’universitaires et non-universitaires pour un débat en temps de crise. L’irruption d’une crise profonde et prolongée a fait ressortir avec une virulence inattendue les impasses de notre modèle de société. Face à ces temps critiques, « l’arme de la critique » est de nouveau saisie pour comprendre le sort que nous réserve le système actuel et pour trouver les moyens de le combattre.
À la marge de la pensée établie et des controverses médiatisées émergent des réflexions dans la tradition d’une critique radicale et d’une pratique a ou anti-institutionnelle comme l'UA le fait. En même temps des luttes sociales prennent une envergure et des extensions nouvelles, comme l’an dernier le mouvement universitaire qui transformait pendant des mois les universités en centres de refus des contre-réformes gouvernementales.


Disponible dans différentes librairie  sur Lyon (Terre des livres, La gryffe, le Bal des ardents, etc...)au prix de 5 euros.

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14 mai 2010

L'individu collectif

Bruegel
"Si un aveugle conduit un autre aveugle, ils tombent tous deux dans le fossé" (Matthieu, XV, 14)

  Le Philosophe qui veut traiter une question, étudie ceux qui l’ont traitée avant lui, travaille, élabore une argumentation rigoureuse. Et l’énonce avec la force de la conviction. Puis écoute les contre-arguments.


Or plusieurs éléments peuvent mettre la raison  en défaut : les pulsions, l’affect, et la richesse des évènements, de l’Histoire, surtout celle en train de se faire.


· L’affect est un moteur important de l’activité humaine individuelle et collective. La raison s’en accommode tant bien que mal qui souvent, vient bâtir une justification pour des décisions déjà prises dans l’inconscient.

En 1993 l’historien Pierre Laborie, a mis en lumière que le comportement de la population parisienne pendant l’occupation a basculé en voyant des milliers de jeunes enfants déportés dans des wagons à bestiaux où à l’évidence ils allaient mourir. A partir de cet évènement, à Paris, l’opinion a cessé d’aimer Pétain et sa morale. Dès lors, des milliers de juifs ont été soustraits à la déportation. L’affect collectif a amené de nombreux individus à se lier en réseaux et risquer leur vie.

L’intelligence met en œuvre des raisonnements et des émotions.

Certes, il y a des philosophes, des mathématiciens … et des artistes. Mais ces deux activités font l’une et l’autre appel tant aux émotions qu’à la raison. L’intuition du mathématicien qui étudie un nouvel objet mathématique fait tant appel à l’expérience qu’à l’ivresse d’une élégante démonstration rigoureuse en cours de création.

La création artistique nécessite la maîtrise parfaite de techniques.


Se faire comprendre et comprendre un autre, signifie deviner l’opinion que l’autre cherche à transmettre. Cela se joue simultanément sur ces deux registres : affect  / raisonnement et confrontation de points de vue.

C’est la raison qui permet la rigueur et amène à reconnaître et corriger ses erreurs


A l’extrême, celui qui refuse la discussion se place dans le pire affect : le mépris aristocratique hautain.


La libre-pensée n’est pas un droit pour chacun de penser et dire n’importe quoi : la raison peut, en effet user du mensonge pour tromper autrui et conduire à des actes préjudiciables.


La raison peut aussi utiliser l’affect comme levier de manipulation. Les tribuns font métier d’utiliser les intonations de leur voix (celle-ci a plus d’effet de conviction que le propos énoncé), gestes et postures, la façon d’organiser un congrès, un meeting, les sentiments et symboles collectifs, pour obtenir l’adhésion à des points de vue que la raison devrait refuser.

Nombre d’élections ont porté aux commandes la figure du mâle dominant, contre toute raison. (La dernière élection présidentielle est typique de telle erreur de casting).


Au sein d’institutions de toutes sortes, traditionnellement tenues par des hommes, prévalent aux niveaux dirigeants des rapports de concurrence brutale qui imposent aux femmes qui voudraient y jouer un rôle, de singer les hommes. Les affects en jeu sont principalement ceux qui concourent à sélectionner le  mâle dominant qui imposera sa loi au troupeau. Il n’y a pas là de perversion individuelle : il en est ainsi depuis des siècles !

Et c’est à mon avis le facteur principal d’élimination des femmes des sphères dirigeantes de toutes sortes.

Remarquons que congrès et Conseils d’administration se déroulent sous toutes les apparences de la rigueur, avec arguments et contre-arguments sur des enjeux programmatiques.

Alors, intellectuels de raison pure ?


· Tous ceux qui sont unis par la volonté de s’impliquer dans notre temps, et par le refus de pure rhétorique détachée de tout réel, s’accordent à affirmer le primat de la praxis, pour une pensée tournée vers l’action.

Or l’Histoire, les évènements sont extraordinairement riches et ne peuvent être perçus par tous de façon simple et univoque. De plus, l’appréciation de ce que doit être notre intervention et ses priorités, diffère d’une personne à l’autre.

Il en résulte que, tout en étant d’accord sur le fait que toutes les idées ne se valent pas, le raisonnement le plus rigoureusement bâti ne peut s’imposer par la seule vertu de sa rigueur. Car celle-ci ne peut pas épuiser la discussion sur la seule question qui vaille : Quelle est la situation et que faire ?


Une pensée de qualité égale mais différente, peut émerger et avoir de la difficulté à s’énoncer parce qu’elle prend en compte des aspects nouveaux de la société encore mal constitués, ou parce qu’elle veut s’inscrire dans une dynamique d’action différente, apprécie les priorités d’action différemment. Ce sont des démarches qui méritent respect mutuel.


Qu’en conclure ?

- La nécessité de la modestie qui craint de passer à côté d’aspect nouveaux de la vie et sans renoncer à la nécessaire rigueur de pensée, sans  censurer sa critique, se met à l’écoute d’une pensée qui s’élabore.

La pensée n’est pas le ressassement de questions closes parce que quelqu’un est réputé en avoir fait le tour!


- La nécessité de clarifier sur chaque question débattue non seulement les citations de travaux théoriques antérieurs, mais aussi quel est, sur la question traitée, le rapport à la praxis de celui qui s’exprime. Quelle réalité celui-ci a-t-il appréhendée et comment. (participation personnelle ? interview de personnes ayant quelle implication ? résultats d’enquête identifiée qui explicite sa méthode…)

  • Autre volet restant à développer : celui du rapport de forces.

En effet en démocratie ceux qui ont le pouvoir ne cessent de vouloir l’asseoir toujours plus, et donc ne cessent de faire régresser les contre-pouvoirs. L’actuel Président est extrêmement imaginatif, actif sur ce point, et nous fait payer les salaires d’une clique de conseillers en manipulation de l’opinion..

Ceux qui subissent ce pouvoir n’ont, au quotidien, qu’un choix :

- perdre toujours plus de liberté et de moyens de vie.

- ou combattre, reconquérir les libertés individuelles et collectives, les exercer sous des formes renouvelées.

Tout est affaire de rapport de forces.

Aussi, la nécessité de l’action collective dans la durée est incontournable.


Aujourd’hui prévalent des comportements résolument individuels, extrêmement méfiants vis-à-vis de tout collectif, assimilé à embrigadement et prosélytisme. Séquelle du « centralisme démocratique » perverti qui a sévi sur le XX° siècle*.


Indéniablement, la pensée émane de chaque individu. Elle est inévitablement partielle et fragile. Sa traduction dans sa finalité, l’action, ne peut se faire qu’en association, sur la base d’un accord qui nécessite de penser ensemble. La confrontation se poursuit alors enrichie par l’action commune.


L’enthousiasme de l’action commune vers une société libérée de l’exploitation et de l’aliénation, libère des carcans idéologiques habituels, sublime chaque individu, sublime le collectif qui devient incroyablement inventif et intelligent, adopte spontanément un mode relationnel nouveau.

Et dépasse la séparation artificielle, paralysante opérée depuis bientôt un siècle, entre lutte quotidienne et transformation de la société. Particulièrement la séparation obsolète syndicat-parti qui ne peut que contribuer à la préservation du système.


De nouveaux types de mouvements apparaissent heureusement, dont le premier remarquable fut ATTAC, jusqu’à ce que la soif de pouvoir qui s’est déclenchée dans son échelon national déçoive de nombreux espoirs. La lutte contre le CPE fut remarquable par son ampleur et par la multitude d’initiatives prises par groupes d’étudiants et de lycéens en marge des cortèges syndicaux de style classique. Resf est un réseau qui réussit à préserver dans la durée, la liberté d’action des groupes locaux qui s’agrègent pour combattre une expulsion révoltante. D’autres mouvements de type nouveau apparaissent.


Primat de la pratique ! Il importe de participer à ces mouvements de lutte et de les étudier de l’intérieur. Les débats à l’infini autour de concepts dont le contenu réel pour ceux qui s’en drapent semble parfois incertain, changeront de nature …et d’impact !


Au « centralisme démocratique » qui a encore de vastes persistances, se substitueront des processus ouverts,  associant des multitudes d’actions conduites à l’échelle des participants.

La mise en place forcée du processus de Bologne par les Etats à l’échelle européenne, impose l’idée d’une concurrence généralisée à l’échelle mondiale ! L’illusion que chacun peut être plus excellent que tous les autres, promeut un certain dandysme, empêche magiquement que des collectifs de pensée et d’action se constituent. La course à l’échalote réalise des files d’aveugles qui courent vers le ravin, à l’instar du tableau de Bruegel, La Parabole des aveugles, peint en 1568. La pression des évènements révèlera le dérisoire de ce slogan d’excellence, alors que tout l’enseignement supérieur est contraint avec toute la fonction publique, à la ruine de son professionnalisme.


Oui, il faut impulser des initiatives de résistance. Les refus qui se sont massivement exprimés à l’Université en 2009 ne sont pas gommés par la résignation actuellement visible.


Note :

* Centralisme démocratique

Elément organisationnel fondamental du léninisme-trotskisme importé en 1920 au Congrès de Tours qui a vu naître le PCF.

En théorie, il permet d’impulser réciproquement la créativité de la base et celle du centre.

En théorie, le centralisme démocratique n’est pas seulement une forme organisationnelle. Il était décrit comme intrinsèque du processus de connaissance et d’action du Parti sur la société : le matérialisme dialectique et le matérialisme historique.

Cette trilogie fonde l’infaillibilité du Parti justifie le recours à TOUTES les formes d’action.

Ce processus global se complétait avec la formation de l’Homme Nouveau, l’extinction des classes sociales et de l’Etat.

En théorie, il s’agissait là d’un développement du marxisme et de la Commune de Paris qui devait permettre de maîtriser le processus de prise du pouvoir et d’exercice prolongé du pouvoir prolétarien. Rappelons que pour le marxisme, le prolétariat est la partie de la classe ouvrière animée par la conscience du rôle historique de sa classe.

Mais, au fil du temps le Centre acquiert une position dominante qui, au nom de l’efficacité de l’action et de la sécurité de tous (la répression extérieure pousse à cela), va jusqu’à affirmer la soumission de l’échelon inférieur à l’échelon supérieur, la soumission de la minorité à la majorité, la nécessité du secret sur le débat interne, la vigilance vis-à vis de l’influence idéologique de l’ennemi à l’intérieur du Parti lui-même, jusqu’à interdire les débats horizontaux dénoncés comme fractionnels. Le Parti en vient ainsi à se penser telle une citadelle assiégée. In fine tout ce fonctionnement concourt à assurer le pouvoir absolu du centre qui assure lui-même la pureté idéologique, opère des épurations et assure sa propre reproduction lors de phases d’élections internes. Des parodies de débats et d’élections ne sont qu’habillage de la cooptation des dirigeants.

Ces processus ont été décrits au jour le jour par Philippe Robrieux dans Histoire Intérieure du PCF 1920 - 1972, 2 vol., éd. Fayard.1980.


Des formes perverties de centralisme démocratique ont finalement été adoptées par toutes les formations politiques, par les syndicats, et par le secteur associatif. Ce ne sont que pouvoirs masqué du centre et étouffement de l’initiative, abêtissement de la base. Elles sont de même nature que la démocratie représentative pervertie que subit notre société, avec mandat en blanc et abus de pouvoir que s’attribuent nombre d’élus, sous nos yeux, à nos dépens. Ce sont des rouages du système et de sa survie.


La politique des opprimés et ses organisations sont totalement à réinventer.

 

Michel

Lyon, 3 mai 2010

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Révolution dans l'Université

Sous ce titre, Emmanuel Barot a écrit un livre qui vient de sortir aux éditions La ville brûle, dans lequel il reprend et développe son article "Sauver" l'Université? que nous avions recensé sur ce blog, avec une réponse de Thierry Labica (voir: http://univautogeree.canalblog.com/archives/2010/02/27/17060033.html)

Emmanuel BAROT, Révolution dans l'Université. Quelques leçons théoriques et lignes tactiques tirées de l'échec du printemps 2009, Montreuil, La Ville Brûle, mars 2010, 176 p.

v_c1_web_r_volution_universit_30Présentation de l'éditeur
Le printemps 2009 a vu exploser la contestation, d'une ampleur et d'une durée inédites, de l'enseignement supérieur et de la recherche à l'égard des nouveaux principes de gestion managériale de l'université et de leur idéologie autoritaire. La grève universitaire lancée début février 2009 s'est soldée en juin 2009 par une défaite politique à peu près totale. Pour que les tendances de résistance puissent devenir de véritables forces opérationnelles conscientes de leurs possibilités, des lignes stratégiques et des options tactiques claires s'imposent. Cet essai propose une réflexion sur l'«incorporation croissante de la science au Capital», selon la formule de Marx, ainsi qu'une analyse de la grève du point de vue des intérêts et divergences de classes qui se sont exprimées en elle, afin d'identifier les contradictions qui ont à la fois nourri et miné ce conflit. Il dessine enfin des lignes tactiques et stratégiques pour résister et agir, dans l'université et hors d'elle. La révolution dont il est question ici s'entend donc à trois niveaux : la « révolution» réactionnaire en cours, la grève de 2009, et finalement l'appel à une double posture de résistance et de construction d'une université « oppositionnelle » en rupture avec les violences directes et les aliénations sournoises du capitalisme.

L'auteur
Emmanuel Barot est maître de conférences en philosophie à l'université de Toulouse-Le Mirail, directeur de programme au Collège international de philosophie et membre de l'équipe organisatrice du séminaire Marx au XXIe siècle : l'Esprit & la Lettre. Il est l'auteur d'une vingtaine d'articles croisant, d'un point de vue marxiste réactualisé, philosophie des sciences et théorie politique, et de deux ouvrages publiés en 2009, Lautman (Belles-Lettres) et Camera Politica. Dialectique du réalisme dans le cinéma politique et militant (Vrin).

Quatrième de couverture: http://www.lavillebrule.com/images/documents/c4_r_volution_universit_.jpg

Sommaire: http://www.lavillebrule.com/images/documents/sommaire_r_volution.pdf

Introduction: ftp://ftp2.marxau21.fr/marxau/extraits_ouvrages/Barot_revolution-universite.pdf

Extraits: http://www.lavillebrule.com/images/documents/extrait1_r_volution.pdf

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20 avril 2010

Une revue qui peut nous intéresser

Ci-dessous une présentation de la revue Z qui vient de sortir son troisième numéro ce printemps.

CouvZ_f7760"Z est un journal itinérant et quadrimestriel, sans publicité ni ambition lucrative. Il réunit une vingtaine de personnes à Montreuil, mais certains écrivent depuis Troyes, Nantes et ailleurs. À travers des reportages, des enquêtes, des textes de réflexion mais aussi des photos, des illustrations ou des bandes dessinées, Z porte un regard critique sur notre société, ses trajectoires et ses évolutions, en faisant le choix de l’immersion. À chaque numéro, une partie de la rédaction embarque à bord de Gigi, un camion-tiroir qui sert de rédaction mobile, et s’installe loin de Montreuil le temps qu’il faut."

http://www.zite.fr

http://www.article11.info/spip/spip.php?article750 (un entretien d'Article XI avec la rédaction de Z)

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Tout (re)commence en mai

NOUS N'ACCEPTONS PAS...

Motion de l'Ag unitaire du 10 avril 2010 (Voir la liste des participations à l'Assemblée Générale Unitaire du 10 avril 2010)

Nous, parents d'élèves, étudiants, enseignants du premier, du second degré et du supérieur, formateurs et enseignants des IUFM et des UFR, BIATOSS, chercheurs, réunis en assemblée générale unitaire ce 10 avril, n'acceptons pas une politique destinée à détruire jusqu'à l'idée même de service public de l'Éducation et à faire de la formation et l'éducation des marchandises.

Cette attaque contre l'éducation s'inscrit également dans une entreprise de casse du travail qui frappe aussi bien le privé que tous les secteurs du public : santé, recherche, justice, culture, pôle emploi.

Nous n'acceptons pas que l'idéologie managériale étende sans cesse son empire, avec les conséquences que l'on sait (exemple de France Télécom notamment).

Ensemble contre la destruction de l'Éducation nationale, de la maternelle à l'université

Nous continuons à refuser l'opération de casse de l'Éducation nationale baptisée « mastérisation ». Nous affirmons à nouveau, avec la quasi-totalité des syndicats, des associations, des sociétés savantes et un très grand nombre de conseils d'UFR, de conseils centraux d'universités, que nous n'acceptons pas que, sous prétexte d'économies, mais en réalité pour privatiser et marchandiser le savoir, on sabote irrémédiablement la formation des enseignants, que l'on tue les IUFM, les formations à la recherche, que l'on contraigne les nouveaux enseignants à prendre en charge des classes à temps plein dès la première année, sans véritable formation, et que l'on dénature les concours de recrutement, compromettant ainsi durablement la qualité de l'enseignement.

Au moment où le ministre réunit des « États généraux de la sécurité à l'École »,

  • il organise en même temps les conditions nécessaires au développement de l'insécurité pour 1,6 millions d'élèves, leurs enseignants-stagiaires non formés, premières victimes de cette réforme, et les établissements où ils seront affectés,
  • Il organise une managérialisation de la gestion des établissements et des personnels, qui déstabilise la situation des agents titulaires et généralise la précarité.

Nous réaffirmons, avec les 80 000 signataires de la pétition nationale, qu'enseigner est un métier qui s'apprend et que la formation des enseignants est un investissement indispensable à l'avenir du pays.

Ce que nous exigeons, dès 2010-2011

Nous exigeons, dès 2010-2011 que :

  • Les décrets de juillet 2009 soient abrogés et la réforme abandonnée
  • Les nouveaux enseignants n'effectuent qu'un tiers de leur service de référence et bénéficient d'une véritable formation au métier pendant les deux tiers restants,
  • On puisse s'inscrire au concours de professeur des écoles et au CAPES avec une licence, à l'agrégation avec une première année de Master,
  • Soit réaffirmé le rôle central des IUFM, et le rôle des maîtres-formateurs (détenteurs d'une certification) dans la formation des futurs enseignants,
  • Soient restitués les 16 000 postes supprimés dans l'Éducation nationale,
  • Le recrutement de non-titulaires soit arrêté,
  • La préparation aux concours et une vraie année de formation après le concours soient reconnues par une équivalence de Master,
  • Le calendrier actuel et le contenu des concours de recrutement soient maintenus,
  • La préservation, la conservation, l'entretien et le développement de l'intégralité du patrimoine public de l'Éducation nationale soient assurés de façon pérenne,
  • Soient abandonnées les réformes qui attaquent le premier degré (évaluations nationales, suppression des RASED, réduction du temps scolaire, aide personnalisée, stages de remise à niveau, risque de mise en place des EPEP),
  • Soit abandonnée la réforme des lycées, en préparation pour la prochaine rentrée, qui entraîne la diminution des Dotations Horaires Globales, l'augmentation des heures supplémentaires au détriment des heures postes, la précarisation de la fonction de professeur (stagiaires, contractuels), le dévoiement des savoirs enseignés au profit de pseudo compétences de pré-professionnalisation, l'arbitrage sur les DHG à l'échelle des établissements, générateur de conflits entre les disciplines et de concurrence entre les établissements.

Nous ne participerons pas à la mise en oeuvre de ces mesures et nous nous y opposerons, jusqu'à l'abrogation des décrets et à l'abandon de la réforme. Nous ne contribuerons ni à la mise en place pour des étudiants de stages en responsabilité qui ne sont que des emplois précaires déguisés, ni à un « compagnonnage » sans moyens et sans ambition, ni à la confection de masters au rabais, ni à la préparation des concours.

Aujourd'hui, contribuer à la destruction de l'Éducation nationale ne saurait faire partie des obligations de service, « agir en fonctionnaire de l'État et de façon éthique et responsable », c'est garantir la qualité du service public contre l'acharnement idéologique dont il est victime.

Nous soutiendrons solidairement tout personnel en butte à des pressions hiérarchiques et à des mesures de rétorsion disciplinaires ou autres, pour faits de résistance à la destruction de l'Éducation nationale, de la maternelle à l'université.

Tout (re)commence en mai

Nous appelons tous les citoyens, étudiants, stagiaires, parents, enseignants, BIATOSS, de la maternelle à l'université, tous les syndicats à se mobiliser pour que ces « réformes » soient définitivement rejetées.

Nous appelons à un mot d'ordre unitaire de toutes les organisations syndicales pour le retrait immédiat de ces « réformes » qui devra permettre de les balayer.

Nous appelons tous les personnels à oeuvrer dans le sens d'une grève reconductible dès le mois de mai.

Nous nous réunirons à nouveau le samedi 15 mai pour faire ensemble un nouveau bilan d'étape, élargir et renforcer les moyens d'action. Nous proposons dès maintenant à tous ceux qui sont prêts à se battre pour défendre l'Éducation nationale des pistes pour entrer dès maintenant dans l'action :

  • Nous proposons de réfléchir dès aujourd'hui à la possibilité de mettre en place une grève des examens et un blocage des concours de recrutement si le ministère s'obstinait à les organiser en automne.
  • Nous appelons à organiser et à animer des assemblées générales unitaires et transversales de villes et d'arrondissement, pour développer et coordonner localement des luttes de la maternelle à l'université.
  • Nous recommandons d'imaginer des actions visibles : Nuit des écoles/universités/IUFM, marches nocturnes, pique-niques, etc., selon les possibilités locales.
  • Nous soutiendrons toutes les actions de refus collectif d'être tuteur et d'organiser, d'encadrer ou d'évaluer des stages en responsabilité avant les concours.
  • Nous coordonnerons les différents mouvements en cours dans l'Éducation nationale : interconnexion des listes de diffusion et des sites Internet (CNU, SLU, CNFDE, syndicats, AG locales, Appel des appels, etc.), liens entre les collectifs de pilotage.
  • Nous proposons de préparer une grève nationale par des actions coordonnées de grève par roulement (une journée) et de « grève marchante » (les grévistes d'un établissement vont à la rencontre des établissements voisins).
  • Nous recommandons de s'opposer partout à la remontée des maquettes de masters « enseignement » et d'imposer la transparence dans les établissements sur leur élaboration.
  • La pétition « 100 000 voix pour la formation des enseignants », qui dépasse aujourd'hui les 80 000 signatures, doit être complétée rapidement et sa remise au ministère donnera lieu à une action médiatisée.
  • Nous appelons tous les jurys de concours à adopter des motions condamnant la réforme, à l'instar du jury du CAPES d'histoire-géographie.

La présente motion est destinée à être largement diffusée et à servir d'appui dans les conseils et les différentes instances pour appuyer les motions et les propositions d'action.

(source Fabula.org)

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10 avril 2010

"Se réapproprier la ville"

phot06_168Un SDF s'est approprié ce carré de terre autour d'un arbre, en 2009. Y a créé ce que Philippe a appelé "un petit jardin d'art brut."
Délimité un espace intérieur, autour d'une petite plante, lui évitant la griffe des prédateurs et le pas des passants.
Un choix de matériaux qu'on dirait aujourd'hui durables. Récupéré localement. Comme les maisons en pisé avait la couleur de la région où elle se bâtissaient. Il a entrepris un travail sur la matière : taillé, écorssé, poli. Choisi un rythme et une dominante de couleur. Une mise en profondeur des éléments.
Clin d'oeil de communication très actuelle et message symbolique en direction des connaisseurs.
Il y a lieu d'admirer parmi ces totems miniatures la représentation souriante et accueillante de soi.
Cette manière de jouer avec les espaces urbains stéréotypés, d'y planter, de s'y implanter ne serait-elle pas un début d'entreprise de Sans terre en ville. Une résistance à la monotonie des carrés bétonnés.
Ce qu'a officialisé, cadenassé, le Jardin Amarante dans le même quartier est ici libre arbitre et art libre.

Monique

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07 avril 2010

Nouveau rendez-vous de l'Appel des appels à Lyon

Le cinéma Les Amphis à Vaulx en Velin accueille le comité local Appel des appels 69

Jeudi 8 avril 2010 à 19h30 heures

Résistances d'hier, résistances d'aujourd'hui

Projection - Débat autour du film Walter, retour en résistance de Gilles Perret

Face à une idéologie oppressive qui promeut le culte de l’argent et la peur de l’autre,

Face à la souffrance sociale que cette idéologie génère,

Face à la multiplication de prétendues réformes aux conséquences désastreuses,

Face au saccage de nos missions et de nos pratiques professionnelles,

Face à la promotion du prêt-à-penser et de procédures managériales et sécuritaires,

Face à la désignation à la vindicte collective de citoyens toujours plus nombreux,

Face à l’abandon progressif des plus fragiles parmi nous…

Nous entendons lutter contre toute politique qui liquide les principes de droit

et les valeurs de notre démocratie, issus des Lumières et du Conseil National

de la Résistance.

Cinéma les Amphis rue Pierre Cot Vaulx en velin. Tél: 04 78 79 17 29

Inscription nécessaire à l'adresse ada69@passeurs.fr, nombre de places limité

Participation au frais: 4 euros.

www.appelsdesappels.org

www.walterretourenresitance.com

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06 avril 2010

Propriété et résistances

Ce séminaire de l'ENS Paris, référencé sur l'Inter-séminaire, et qui conjugue travail théorique et enquête de terrain, consacre sa prochaine séance à la notion d'espace public:

Propriété et résistances: espace public bourgeois, plébéien, oppositionnel - dans les marges de la propriété

La prochaine séance du séminaire PER aura lieu mercredi 7 avril 2010 - 17H-20H - 45 rue d’ULM, salle R (sous-sol du bâtiment Rateau).

Thème de la séance : "Espace public bourgeois, plébéien, oppositionnel : dans les marges de la propriété."

A partir des textes suivants et de notre travail de terrain dans les squats :
- Habermas J, L’espace public, éditions Payot, 1978
- Farge A, Dire et mal dire, l’opinion publique au XVIII°s, Seuil 1992.
- Negt Oskar, L’espace public oppositionnel, Paris, Payot, 2007.

Séminaire autogéré : Propriété et résistances

L’objet de ce séminaire est de continuer la révolte politique dans l’ordre du savoir, de sa réappropriation et de sa construction collective. Le groupe de recherche à constituer s’attellera à élaborer ses objets de manière théorique et empirique, en élargissant les brèches dans les frontières des disciplines, tentant notamment d’établir un dialogue entre les sciences humaines (géographie, histoire, sociologie, droit) et la philosophie.

Il s’agit d’explorer un paradoxe contemporain : la propriété tend à devenir le régime dominant de notre rapport à l’espace, aux hommes et aux choses alors que la multiplicité de ses formes rend insaisissable sa signification. Il faudra interroger la propriété comme un dispositif historique, institutionnel et juridique, producteur de subjectivités « propriétaires » et de formes collectives d’organisation, fonctionnant toujours indissociablement dans un mode de production et des rapports de pouvoir.

Les séances précédentes ont permis d’avancer certaines pistes de travail : approfondir les liens entre territoire et propriété conduit à reconsidérer nos manières d’habiter des lieux, de s’approprier des espaces. Appropriations dynamiques et collectives de lieux, pratiques nomades qui reconfigurent nos modes de vie, autant de manières de tenter de se déprendre, au fil des recherches et des expérimentations, du régime propriétaire. L’orientation des prochaines séances nous fera entrer dans des problèmes nouveaux, du public et du privé, du politique et de l’intime, pour essayer de décrire au plus près le rapport des appropriations matérielles et symboliques aux formes de subjectivations qu’elles produisent. Autant d’éléments qui nourrissent l’étude empirique sur les squats parisiens et les cohabitations étudiantes.
D’autres projets voient le jour et le séminaire reste ouvert aux envies collectives.

Le séminaire continuera à se tenir une semaine sur deux, les mercredis de 17h à 20h en alternant des séances théoriques et des séances d’analyse des matériaux empiriques recueillis sur les différents terrains.

Web : http://www.geographie.ens.fr/Propriete-et-resistances
Contact : benjamin.faure AT ens.fr, samuel.neuberg AT ens.fr, marion.salin AT ens.fr

compte_rendus_des_seances

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